Mercredi 12 novembre 2008
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10:00
Où va-t-on ?
On va, sans toujours s'en douter, au dessert.
Le dessert est le dernier moment, délicieux, la récompense attendue pour avoir absorbé la soupe, mangé les haricots, pris des carottes, supporté la daube, dégluti du Roquefort. Rien au
delà.
Enfant, j'en étais sûr. Rien mour moi ne viendrait après le dessert.
Les adultes se distinguaient par le café et le digestif.
Et, encore pour le digestif, certains jours.
Moi, après le dessert, il n'y avait rien.
Le dessert était au bout de la traversée. Grandir, c'était passer à l'au delà.
Vieillissant, je commence à soupçonner l'illusion des adultes de mon enfance. Certes, j'ai goûté aux cafés. J'ai pris des digestifs. Mais, j'en reviens au dessert.
Je me demande parfois si la mort n''est pas le desert.
Le dernier moment, l'étal blanc comme une crême, le dessert. C'est alors que l'on fond.
Du coup, j'ai des soupçons.
Et si l'ordre du repas était celui de la vie... On en revient au dessert, sur le tard, quand on l'a senti.
Ma traversée me mène au dessert, l'île d'Ithaque, Pénélope, la mort douce dans le grand lit central.
Je vais m'exiler au dessert. J'en serai le Saint Antoine. Là, plus de tentations. Tout sera donné; La belle vie. La mort. Le grand silence parfumé des crèmes et des anges.
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