Ce jeudi 23 novembre 2008, entre 9h et 12h30, l’ANPE de Bellefontaine invitait les demandeurs d’emploi à un forum pour leur présenter des offres d’agents de nettoyage ou d’aide ménagère à domicile. J’arrivai avec sept minutes de retard. Un monde incroyable. Plus de deux cents personnes s’agglutinaient dans l’agence pour une dizaine d’offres.
C’était plein, plein, plein. Des files d’attente et au bout des panneaux indiquant la boîte susceptible d’offrir un de ces postes très alléchants : entre une et quinze heures de travail hebdomadaire le plus souvent à six euros soixante de l’heure, net. Pour survivre avec de telles offres, il faut donc cumuler au moins deux emplois. Mais ne nous plaignons, des gens crèvent dans la rue, ça on nous le fait comprendre tous les jours.
Des hôtesses d’accueil placées, au milieu de cette foule résignée, avaient l’air désolé.
Juste à côté de l’entrée, un petit plan sur une simple feuille de photocopie format A4 nous indiquait la direction qu’il fallait prendre dans cette foire aux chômeurs. Il était nécessaire de faire la queue pour comprendre quelque chose à ce papier. Un agent « volant » de l’ANPE, l’air un peu vigile, m’expliquait la signalétique un peu ésotérique de ce labyrinthe.
Le nombre d’hôtesses me faisait entendre que nous vivions un jour particulier.
Jour de promotion pour des offres d’emploi destinées « aux retardataires de l’échelle sociale » qui se devaient de répondre « présents ». La foule m’apparaissait comme une machine molle : sourires navrés par ci, sourires navrés par là…
Tout était gentiment soumis dans ce climat d’entente qui voulait dire en gros : « hé t’as pas le choix mon petit ». Moi j’étais là pour trouver un autre quart temps de façon à compléter le quart temps que j’effectue déjà les lundis, mercredis et vendredis entre 9h15 et 11h45 à Portet sur Garonne dans un magasin d’optique. Magasin où je chasse et surveille la poussière. Sachez que j’habite dans le centre ville de Toulouse. J’étais au forum de Bellefontaine ce jour-là dans l’espoir d’accéder à un authentique mi-temps. On peut applaudir le demandeur d’emploi qui s’entête à arracher des heures de travail.
Seules deux offres correspondaient à ma situation. Pour les autres, soit un véhicule à moteur était obligatoire, soit il fallait habiter en zone urbaine franche.
Quand je vis la longueur de toutes les files d’attente, côte à côte, chacune derrière leur panneau respectif, je décidai de consulter les ordinateurs situés au centre de l’agence. Je remarquai grâce à la magie de l’informatique que plusieurs offres d’emploi affichées sur la petite feuille A4 avaient disparu alors qu’il n’était que 9h30 du matin.
Plus le taux de chômage augmente et plus les chômeurs, sous pression, sont prêts à tout pour obtenir un travail précaire. Combien serons-nous la prochaine fois ?
Moïse
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