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Mercredi 4 février 2009

Barrineuf voudrait devenir un grand artiste.

- Je veux devenir un grand artiste dit Barrineuf.

- Un artiste de quoi ? dit Fougax.

Barrineuf réfléchit. Des jours et des jours. Il ne trouve rien, sinon l’idée qu’il veut devenir un grand artiste. Il désespère.

- Ne désespère pas dit Fougax, je vais t’aider, d’abord procédons par élimination.

- Je ne veux pas éliminer dit Barrineuf, je veux devenir.

- Pour devenir, il faut te recentrer sur tes potentiels dit Fougax. Eliminer ce que tu ne sais pas faire

- Oui, mais il y a trop de choses dit Barrineuf.

- Et bien parfait dit Fougax, mieux vaut ça que l’inverse.

- Quoi ça? dit Barrineuf.

- Trop de potentiels dit Fougax.

Barrineuf a un blanc, comme qui dirait une étincelle de vide.

- Allons-y dit Fougax.

 -Où? dit Barrineuf.

- Mais vers tes potentiels dit Fougax.

- Je t’ai dit que n’en avais pas et que je ne savais donc pas où aller dit Barrineuf.

Au tour de Fougax d’avoir un blanc, comme une étincelle de vide.

- Reprenons dit Fougax, nous allons chercher tes potentiels pour trouver ta voie parmi eux.

- Qu’elle voix? dit Barrineuf.

- Mais bon sang celle de ton destin dit Fougax.

Cette fois Barrineuf entrevois un abîme.

- J’ai encore besoin d’y penser dit Barrineuf.

- Je croyais que tu voulais que nous y pensions ensemble dit Fougax.

- Finalement non, ça me bloque dit Barrineuf.

- OK dit Fougax, je comprends. C’est une décision capitale, il ne faut pas en parler à la légère, il faut étudier ça d’une manière scientifique avec un algorithme où tu inscris zéro ou un devant chaque possibilité de carrière artistique.

- Mais puisque je te dis que je ne mettrai que des zéro dit BarrineuF.

Au tour de Fougax de tomber en abîme.

- Soyons stoïque dit Fougax, écoutes Barrineuf, tu viens me demander de t’aider à choisir entre tous tes potentiels, non?

- J’ai pas dit ça dit Barrineuf, au contraire je t’ai dit que je ne voyais aucun potentiel pour savoir où aller.

- Effectivement dit Fougax, il y a peut-être eu méprise. Bon, ce n’est pas grave, on peut faire autrement. Il suffit de tracer le tableau de tes non-potentiels et de les noter de un à dix.

- Comment ça? dit Barrineuf.

- Ben par exemple, à la case ténor d’opéra tu mettrais combien? dit Fougax.

- Combien de quoi? dit Barrineuf.

- Pas combien de quoi dit Fougax, combien de combien.

- Misère dit Barrineuf, j’y pige que dalle.

- Attends dit Fougax, je vais chercher du papier et un crayon.

Sur ces entrefaites, le téléphone sonne.

 

 

 

Barrineuf dépérit, il espère toujours devenir un grand artiste.

- Mais pourquoi diable? dit Fougax.

- Parce que je ne sais rien faire d’autre dit Barrineuf.

- Tu dis pourtant que tu ne sais rien faire qui te permettes de devenir un artiste dit Fougax.

- Peut-être dit Barrineuf, n’empêche que je me sens artiste, là, tout au fond de moi.

- Montre-moi dit Fougax.

Barrineuf s’exécute.

- J’ai failli en mourir tu sais dit Barrineuf.

- Je te crois et je vois dit Fougax, mais ce n’est pas très clair.

- Tu vois des potentiels? dit Barrineuf.

- Non, seulement des désirs et pas mal de brume dit Fougax.

- Alors, j’ai la vocation? dit Barrineuf.

- Assurément dit Fougax, le désir y suffit.

Barrineuf est ému d’être enfin compris. Il va faire pipi.

Sur ces entrefaites le téléphone sonne.

 

 

 

Barrineuf est toujours aussi indistinct. Effiloché de ne pouvoir tisser ces fibres artistiques.

- Barrineuf, j’ai peut-être une idée dit Fougax. Si tu commençais par le commencement?

- Hein dit Barrineuf, occupé à graisser la poêle.

- Le commencement dit Fougax.

- Tu vois une autre façon de commencer à cuire les oeufs? dit Barrineuf.

- Je ne parlais pas de ça dit Fougax.

- Et de quoi alors? dit Barrineuf.

- De ta carrière dit Fougax..

- Je n’y vais plus, dit Barrineuf. Je ne sais plus où mettre les fossiles.

- Quels fossiles? dit Fougax.

- Ceux de ma carrière dit Barrineuf.

- Quoi, je te parles de commencement et tu me réponds avec une carrière déjà Fossilisée dit Fougax.

- Mais de quoi tu parles? dit Barrineuf.

- Laisse tomber dit Fougax, c’était un jeu de mots.

Barrineuf allume le gaz.

- Tu m’écoutes? dit Fougax.

- Non dit Barrineuf. Qu’est-ce que tu disais?

- Ta carrière dit Fougax.

- Encore dit Barrineuf. Je viens de te dire que j’y allais plus voir.

- Il n’y a rien à voir dit Fougax. Je le sais, je l’ai vu.

- Ca m’étonnerait dit Barrineuf. Tu ne viens jamais avec moi.

- C’est trop fort dit Fougax. Voici des semaines que j’essaie de t’aider.

- Ah oui dit Barrineuf. C’est Monsieur Bouvard qui vient, pas toi.

- Monsieur Bouvard dit Fougax. Tu lui as montré tes secrets?

- Parfaitement dit Barrineuf. Lui au moins il m’aide à les extraires.

- Sale traître dit Fougax. Et dire que tu étais mon ami.

Pendant ce temps, les oeufs ont brûlé et le téléphone retentit.

 

 

 

Barrineuf a compris.

- Pour ma carrière, je pourrai montrer mes fossiles dit-il à Fougax.

- Ce n’est pas nouveau et créatif dit Fougax.

- Pourquoi donc, c’est bien moi qui les ai trouvés dit Barrineuf.

- Tu les as trouvés mais tu ne les as pas crées dit Fougax.

- C’est pareil dit Barrineuf. Picasso a dit « je ne cherche pas, je trouve ».

- Comment tu sais ça toi? dit Fougax.

- Je l’ai lu dit Barrineuf.

- Où? Dit Fougax.

- Chez Monsieur Bouvard dit Barrineuf.

- Je ne te demande pas le lieu, mais le titre dit Fougax.

- Le titre? dit Barrineuf.

- Le titre, dit Fougax, dans quoi c’était que tu l’as lu?

- Ha d’accord dit Barrineuf, pas où, mais dans.

- C’est ça dit Fougax.

- C’était dans un livre dit Barrineuf.

- Je ne m’en serais pas douté dit Fougax, mais quel livre?

- Je ne sais plus dit Barrineuf.

- Bon alors j’y crois pas dit Fougax, tu as bien pu l’inventer.

- Pas vrai dit Barrineuf.

- Et qu’est-ce qui me le prouve? dit Fougax.

- Tu n’as qu’à aller demander à Monsieur Bouvard dit Barrineuf.

- Tiens comme c’est commode dit Fougax et comment je pourrais lui demander vu qu’il est en vacances à la plage?

- Attends qu’il revienne dit Barrineuf.

- Tu m’énnerves dit Fougax. Tu n’as rien lu. Tu inventes et tu savais très bien que je ne pourrais pas vérifier.

- Je ne le savais pas dit Barrineuf.

- De quoi dit Fougax, que je ne puisse pas vérifier?

- Non dit Barrineuf, que monsieur Bouvard soit absent.

- Mon oeil dit Fougax. Voila une semaine que tu ne t’occupes plus de ta carrière parce-que tu n’y arrives pas tout seul.

- Quel culot dit Barrineuf. tu sais bien que je n’ai plus de place pour mes fosciles. d’ailleurs c’est pour ça que je voudrais bien les montrer.

- On ne deviens pas artiste en se débarrassant du superflu dit Fougax.

- Mes fosciles ne sont pas superflus dit Barrineuf. Si je les vends tu seras bien étonné.

- Ce n’est parce-que tu pourrais les vendres qu’ils sont de l’art dit Fougax.

- Ce sont des oeuvres de la nature dit Barrineuf.

- Oui dit Fougax, mais pas de toi.

- Et bé je change dit Barrineuf, je ne veux plus être un artiste.

- Grand bien te fasses dit Fougax.

- Je pourrais être marchand d’art dit Barineuf.

- N’oublie pas le pourcentage de Monsieur Bouvard dit Fougax.

Barrineuf va lui téléphoner mais il ne sait pas où le joindre.

 

 

Par Les yeux de martien - Publié dans : Sonorités
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Mardi 6 janvier 2009

Ce jeudi 23 novembre 2008, entre 9h et 12h30, l’ANPE de Bellefontaine invitait les demandeurs d’emploi à un forum pour leur présenter des offres d’agents de nettoyage ou d’aide ménagère à domicile. J’arrivai avec sept minutes de retard. Un monde incroyable. Plus de deux cents personnes s’agglutinaient dans l’agence pour une dizaine d’offres.

 

C’était plein, plein, plein. Des files d’attente et au bout des panneaux indiquant la boîte susceptible d’offrir un de ces postes très alléchants : entre une et quinze heures de travail hebdomadaire le plus souvent à six euros soixante de l’heure, net. Pour survivre avec de telles offres, il faut donc cumuler au moins deux emplois. Mais ne nous plaignons, des gens crèvent dans la rue, ça on nous le fait comprendre tous les jours.

 

Des hôtesses d’accueil placées, au milieu de cette foule résignée, avaient l’air désolé.

Juste à côté de l’entrée, un petit plan sur une simple feuille de photocopie format A4 nous indiquait la direction qu’il fallait prendre dans cette foire aux chômeurs. Il était nécessaire de faire la queue pour comprendre quelque chose à ce papier. Un agent « volant » de l’ANPE, l’air un peu vigile, m’expliquait la signalétique un peu ésotérique de ce labyrinthe.

 

Le nombre d’hôtesses me faisait entendre que nous vivions un jour particulier.

Jour de promotion pour des offres d’emploi destinées « aux retardataires de l’échelle sociale » qui se devaient de répondre « présents ». La foule m’apparaissait comme une machine molle : sourires navrés par ci, sourires navrés par là…

 

Tout était gentiment soumis dans ce climat d’entente qui voulait dire en gros : « hé t’as pas le choix mon petit ». Moi j’étais là pour trouver un autre quart temps de façon à compléter le quart temps que j’effectue déjà les lundis, mercredis et vendredis entre 9h15 et 11h45 à Portet sur Garonne dans un magasin d’optique. Magasin où je chasse et surveille la poussière. Sachez que j’habite dans le centre ville de Toulouse. J’étais au forum de Bellefontaine ce jour-là dans l’espoir d’accéder à un authentique mi-temps. On peut applaudir le demandeur d’emploi qui s’entête à arracher des heures de travail.

Seules deux offres correspondaient à ma situation. Pour les autres, soit un véhicule à moteur était obligatoire, soit il fallait habiter en zone urbaine franche.

 

Quand je vis la longueur de toutes les files d’attente, côte à côte, chacune derrière leur panneau respectif, je décidai de consulter les ordinateurs situés au centre de l’agence. Je remarquai grâce à la magie de l’informatique que plusieurs offres d’emploi affichées sur la petite feuille A4 avaient disparu alors qu’il n’était que 9h30 du matin.

 

Plus le taux de chômage augmente et plus les chômeurs, sous pression, sont prêts à tout pour obtenir un travail précaire. Combien serons-nous la prochaine fois ?

 

Moïse

Par Moïse - Publié dans : Ennui
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Samedi 20 décembre 2008

Voici une scène de Baby Doll, un film sorti en 1956 d’Elia Kazan. La traduction de l’anglais en français donne la version I mais on peut continuer à traduire en anglais puis en français… Je ne m’en lasse pas.

 

I

Archie: Qu'est-ce que vous destructrice des hommes déjà evoqué?

Baby Doll: Men that blows things up and burns things down because they're too evil and too stupid to git along otherwise.Baby Doll: Les hommes qui souffle les choses et brûle les choses parce qu'ils sont trop mal et trop stupides pour le long git autrement. Juste parce que la concurrence est trop pour eux. Alors ils se tournent pénale. Ils font des choses comme des incendies criminels. La destruction volontaire de biens par le feu ...


Elle sort à la véranda dans son slip, à la vue d'un groupe d'hommes sur la route (Syndicat de la plantation), qui donne un loup-sifflet à elle. Archie demande avec anxiété:


Archie: Qui a dit que l'incendie volontaire? Qui a parlé de cette destruction volontaire de ... pourquoi vous ne savions jamais les mots. Qui dit qu'il ya de?


Baby Doll: Parfois, Big Shot, vous n'avez pas l'air de me donner de crédit pour beaucoup d'intelligence à tous. J'ai été à l'école dans ma vie et je suis un lecteur de magazine.

II

Archie : que vous destructeur des hommes (le peuple)((les gens)) déjà evoqué ?

Bébé Doll : les hommes (le peuple)((les gens)) que (qui) souffle des choses et des choses de brûlures parce qu'ils sont trop mal et trop stupides pour la longueur git autrement. Em parce que la compétition(concurrence) juste était trop pour '. Juste parce que la compétition(concurrence) est trop pour eux. Donc ils deviennent criminels. Ils font des choses comme des incendies criminels. La destruction obstinée de propriété par feu... La destruction volontaire des marchandises (propriétés) près du(par le) feu (lumière)...



Elle sort au porche dans sa paire de caleçon, dans la vue pleine(complète) d'a le groupe d'hommes nous la route (de la Plantation de Syndicat) qui donne lui ont le sifflement de loup. Elle (cela) part pour le porche dans elle (sa) paire de caleçon, à la vue d'un groupe d'hommes (le peuple)((les gens)) sur la route (le parti travailliste)
Archie demande avec l'anxiété :  


Archie : qui a dit l'incendie criminel ? Archie : qui a dit que l'incendie criminel ? Qui a parlé de cette destruction obstinée de pourquoi VOUS ne les saviez(les connaissiez,ne les connaissiez) jamais des mots. Qui a parlé de cette destruction volontaire de pourquoi ne vous connaissait jamais les mots. Qui l'A DIT à ya ? Qui dit qu'il (cela) ya de ?

Bébé Doll : parfois, le Bonze, vous ne semblez pas me donner de crédit de la plupart d'intelligence à tout. Je ' ve été à l'école dans ma vie et moi ' le m ai le magazine au lecteur.


III

 

Archie : que vous destructeur des hommes (le peuple)((les gens)) (le peuple(les gens)) ((le peuple(les gens))) déjà evoqué ?

Bébé Doll : les hommes (le peuple)((les gens)) (le peuple(les gens)) ((le peuple(les gens))) celui (que) ((qui )) souffle des choses et les choses de brûlures parce qu'ils sont trop mal et trop stupides pour la longueur git autrement. Em parce que la compétition(concurrence) juste (la compétition)(concurrence)) était trop pour '. Juste parce que la compétition(concurrence) (la compétition)(concurrence)) est trop pour eux. Ainsi ils deviennent criminels. Ils font des choses comme des incendies criminels. La destruction têtue de propriété par feu (lumière)...


Elle (dont Il) part pour le hall dans elle (sa) paire de short de boxeur, dans la vue pleine(complète) (complète) a le groupe d'hommes (le peuple)((les gens)) (cela lui achemine à nous (de la Plantation d'union(de syndicat) travailliste (le Syndicat)) que (qui) regarde (lui lui ont le sifflement de loup. Elle (cela) (cela) laisse(quitte) pour le hall dans elle (sa) paire de short de boxeur, dans la vue d'un groupe d'hommes (le peuple)((les gens)) (le peuple(les gens)) ((le peuple(les gens))) sur la route (le parti travailliste)
Archie demande avec l'anxiété :

Archie : qui a dit l'incendie criminel ? Archie : qui a dit que l'incendie criminel ? Qui a parlé de cette destruction têtue de pourquoi VOUS les saviez(connaissiez) (les saviez(connaissiez), ne les savait(les connaissait,ne les connaissait)) jamais des mots. Qui a parlé de cette destruction volontaire de pourquoi ne vous connaissait jamais les mots. Qui Un mots dans ya ? Qui dit qu'il (cela) (cela) ya de ? 


Bébé Doll : parfois, le Bonze, vous ne semblez pas me donner de crédit de la plupart de l'intelligence à tout. Je ' ve être à l'école dans ma vie et moi ' le m ai le magazine au lecteur.


IV

 

Archie : que vous destructeur des hommes (le peuple)((les gens)) (le peuple(les gens)) ((le peuple(les gens))) (le peuple(les gens) (le peuple(les gens))) ((le peuple(les gens) (le peuple)((les gens)))) déjà evoqué ?

Bébé Doll : les hommes (le peuple)((les gens)) (le peuple(les gens)) ((le peuple(les gens))) (le peuple(les gens) (le peuple(les gens))) ((le peuple(les gens) (le peuple)((les gens)))) celui (que) ((que (qui))) souffle des choses et les choses de brûlures parce qu'ils sont trop mal et trop stupides pour la longueur git autrement. Em parce que la compétition(concurrence) juste (la compétition)(concurrence)) (la compétition(concurrence)) (la compétition)(concurrence))) était trop pour '. Juste parce que la compétition(concurrence) (la compétition(concurrence)) (la compétition(concurrence)) (la compétition(concurrence))) est trop pour eux. Donc ils deviennent criminels. Ils font des choses comme des incendies criminels. La destruction têtue de propriété par feu (lumière) (lumière)...


Elle (Cela) (qui (que ) Il (Cela)) la partie pour le hall dans elle (son) (son)) la paire de la paire de boxeur de short, dans le (complet) (complet) la vue pleine(complète) nous a le groupe d'hommes (le peuple(les gens)) (le peuple(les gens)) ((le peuple)((les gens))) (cela en avant lui (elle) (de la Plantation d'union(de syndicat) (de syndicat (le syndicat)) le parti travailliste (l'union(le syndicat) travailliste (le Syndicat))) celle qui regarde (il lui lui a () le sifflement de loup. Elle (cela) (cela) (cela) des feuilles(congés) (quitte) pour le hall dans elle (son) la paire de boxeur,
Dans la vue d'un groupe d'hommes (le peuple)((les gens)) (le peuple(les gens)) ((le peuple(les gens))) (le peuple(les gens) (le peuple(les gens))) ((le peuple(les gens) (le peuple)((les gens)))) sur la route (le parti travailliste)
Archie demande avec l'anxiété :

Archie : qui a dit l'incendie criminel ? Archie : qui a dit que l'incendie criminel ? Qui a parlé de cette destruction têtue de pourquoi VOUS les saviez(connaissiez) (savait)((connaissait)) (les savait(connaissait) (savait(connaissait)), les savait(connaissait) (les savait(connaissait), ne les savait(les connaissait,ne les connaissait))) jamais des mots. Qui a parlé de cette destruction volontaire de pourquoi ne vous connaissait jamais les mots. Qui Un mots dans ya ? Qui dit qu'il (cela) (cela) (cela) ya de ? 


Bébé Doll : parfois, le Bonze, vous ne semblez pas me donner de crédit de la plupart de l'intelligence à tout. Je ' ve pour être à l'école dans ma vie et moi ' le m ai le magazine au lecteur.

 

Par arille - Publié dans : Epluchures
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Mardi 16 décembre 2008

Il était une fois trois gazelles un peu trop rondes pour leur nature de gazelles. Elles eurent l’idée de former un club, le club des gazelles. Pour y entrer, pas de frais d’admission, une seule condition : avoir plus de dix kilos à perdre. L’objectif du club était d’aider ses gazelles à s’épanouir et à perdre du poids.

Le club, en ce qui concerne l’épanouissement de ses membres, fonctionna à merveille. Nous nous réunissions toutes les semaines le matin devant un café. Nous prenions notre cahier et nous notions le poids des gazelles et les événements marquants, ainsi que les objectifs de la semaine d’après. Nous avions droit à un joker une fois par mois, le jour où nous n’avions pas du tout envie de dire notre poids. Une fois que nous avions expédié cette formalité, nous abordions les sujets plus sérieux. Les marques de crème anti-ride, les concerts et pièces de théâtre les plus passionnants, les projets les plus fous auxquels nous rêvions.

Un jour, une des gazelles exprima le souhait de sauter en parachute. Comme mon père, cette semaine-là, faisait un stage de parachutisme, l’idée se concrétisa très vite. Ma chère gazelle sauta en premier. J’éprouvai quant à moi un sentiment extrême d'euphorie pendant la chute libre.
Ce sentiment dure depuis.

L'autre gazelle exprima le souhait de faire un spectacle à l’occasion de son anniversaire. Je me mis à écrire l’histoire du club des gazelles et nous répétâmes l’histoire de trois nanas qui pesaient à elles trois 500 kilos au début de la pièce… Nous jouâmes devant des amis, presque une centaine. Un succès de poids...


En ce qui me concernait, je perdais régulièrement du poids. Un jour, il devint évident que je n’avais plus beaucoup de kilos à perdre. Est-ce pour cela que je fus virée du club ? Je me privais trop facilement de gâteaux et de sucreries. J’agaçais les gazelles.


Mais la vraie raison, je la connus un an et demi plus tard. Car la gazelle avec qui j’avais sauté en parachute travaillait dans le même bureau que moi. Il se trouva qu’on me proposa un poste intéressant qu’on aurait normalement dû lui proposer à elle, qui était à ce poste depuis plus longtemps que moi.  Nous continuâmes à travailler ensemble mais le cœur n’y était plus. J’avais réussi, du moins je le croyais, à persuader mon patron et la gazelle que nous travaillerions en équipe. Mais elle se sentait flouée. Je sentais qu’elle m’en voulait, mais je ne comprenais pas ce que j’avais pu bien faire pour cela. Elle me l’expliqua bien des mois plus tard, dans la rue, un mois de novembre.


Elle me dit qu’elle regrettait beaucoup mon amitié et le club des gazelles. Je lui répondis que moi aussi. Elle me dit qu’un jour, pour elle, j’avais trahi sa confiance. Je ne voyais pas comment. J’ai toujours dit du bien d’elle, à mes collègues comme à mes chefs. Elle me rappela alors la scène suivante, qui remontait à presque deux ans. Le jour où mon patron me proposa le poste que j’occupe aujourd’hui, il me demanda, après l’entretien, de n’en parler à personne. Un peu ennuyée par cette demande, je revins au bureau en réfléchissant à la façon dont j’allais gérer cela, quand une fille du bureau très perverse se pointa devant moi et me demanda si j’allais accepter le poste. Je lui répondis que ma collègue n’était pas au courant. La gazelle était là et se sentit immédiatement trahie. Définitivement trahie par moi qui ne lui en avait pas parlé immédiatement.
Mais je ne le sus que des mois plus tard.


Je compris que rien de ce que je pourrais dire ne changerait ce sentiment de trahison. Elle m’expliqua qu’elle regrettait, moi aussi je regrettais. En réalité je regrettais surtout sa façon de prendre les choses, mais pas au point de pleurer ou de la supplier, comme je l’aurais sans doute fait avec un enfant ou un amoureux.
Nous nous quittâmes là, toutes vérités dites.

Tout cela parce que, ce jour-là, j'ai bêtement obéi à mon chef tandis que lui-même ne réussissait même pas à tenir le silence qu’il me demandait…

 

 

Par arille - Publié dans : Papilles
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Mardi 25 novembre 2008

Baby Sitter pour quatre !

 

A quinze ans, je me suis mis dans la tête de travailler au mois d’août pour gagner quelques sous. J’ai trouvé un job de baby Sitter. Je devais garder quatre garçons de quatre à huit ans pendant un mois. Je me sentais de taille à me faire respecter, après tout j’avais une petite sœur de quatre ans. Mais quatre garçons, ça bouge plus qu’une petite sœur sage…

 

Le matin, je devais leur donner le petit déjeuner. C’était incroyable le nombre de tartines qu’ils pouvaient ingurgiter. Parfois, leur mère nous emmenait au lac, à la piscine ou dans un parc. Je passais mon temps à les regarder, à calmer leurs petites querelles, à les consoler quand ils tombaient. Je ne m’ennuyais pas une seule seconde.

 

Je devais aussi faire des choses qui me semblaient plutôt être réservées à une bonne, comme nettoyer les baignoires. Ce qui était incroyable aussi, c’est que les garçons avaient toujours besoin de prendre un bain, à toute heure de la journée. Mais ,j'attendais le soir. L’eau se teintait de noir et laissait quand elle filait des traînées terreuses. Je me disais qu’avec un peu de chance,  j’aurais un petit bonus de salaire si je récurais les baignoires, alors je les récurais de bon coeur.

 

Puis quand ma journée de travail était finie et que les gamins étaient encore propres et en pyjama, je me dirigeais vers ma superbe mobylette bleue turquoise pour rentrer chez moi. Le plus petit des garçons me courrait toujours après pour avoir un dernier bisou. Il zozotait en prononçant mon prénom et le mot bisou Irrésistible.

 

Parfois, quand nous étions au lac ou dans un jardin public, des garçons à peine plus vieux m’abordaient alors que je surveillais les quatre bambins. Ils me tapaient une petite causette. C’était peut-être un peu rassurant aussi pour eux, toute cette marmaille. Une sorte de drague sans conséquence. Je n’en garde aucun souvenir précis.

 

Quand nous restions à la maison, les quatre frères jouaient toute la journée dans le grand jardin. Nous nous interrompions juste pour les repas, les goûters, ou le soir pour le bain. Chez eux, ils étaient plus querelleurs. Les alliances et les fâcheries, à quatre, offraient d’infinies possibilités. J’arbitrais, calme et amusée.

 

Un événement pourtant me mit mal à l’aise et me fit réfléchir : la triste histoire du cochon d’Inde. L’animal, une boule rousse, menait pépère sa vie de cochon d’Inde. Mais le plus jeune garçon, mon préféré, avait un grand désir d’intervenir sur l'avenir du cochon d’Inde. J’essayai de lui expliquer que cet animal pourrait souffrir, qu’il fallait le manipuler délicatement et même si possible pas du tout. Autant demander à un gourmand devant un paquet de bonbons de se contenter de regarder. Ce qui arriva me troubla d’autant plus que malgré mes explications et mes conseils, l’issue, pour le pauvre cochon d’Inde, fut fatale : il fut manipulé une fois de trop. Nous organisâmes un très bel enterrement pour monsieur cochon d’Inde, avec des fleurs du jardin et même une petite croix. J’espérais juste que les parents attendraient que je sois partie pour acheter son remplaçant parce que je n’avais aucune envie d’organiser un deuxième enterrement. Ce soir-là, le petit tortionnaire eut quand même son bisou. Pour le cochon d’Inde par contre, le temps des bisous était fini.

 

La fin du mois arriva. J'avais nettoyé bien des baignoires mais, malgré mes espérances, je n’eus aucun bonus. Ce fut ma première leçon : dans le travail, on n’a jamais plus que ce que l’on demande ! Avec mon tout premier salaire, je m’achetai un superbe magnétophone qui nous servit longtemps, ma sœur et moi, à enregistrer les repas de famille.

 

Je ne renouvelai pas l’expérience de baby Sitter. Par la suite, la responsabilité de garder des jeunes enfants m’effraya toujours beaucoup plus que le mois d'août de cette année-là. Les gosses sont des bombes qui peuvent se déclencher  à tout moment.

Par arille - Publié dans : Révélations
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